Cadeau d’anniversaire
Normalement, je mentionne jamais mon anniversaire – un peu par insouciance, mais aussi parce que je n’aime pas être le clou de quelconques célébrations en générale. Mais les cadeaux de cette année valent la peine d’être mentionnés, et pour les besoins de l’histoire qui suit, c’est un peu nécessaire de le mentionner.
J’ai donc commencé à faire mes bagages aujourd’hui, car je vais aller habiter chez un ami pour les deux dernières semaines de mon voyage. On en prends, mais on en laisse surtout – la générosité de mes professeurs fait en sorte que je repars avec pas mal de matériel supplémentaire, ce qui me force à me délester d’une part de mes trucs (couvertures, vêtements superflus, etc), en plus de mes achats personnels. Ensuite, petit tour au parc d’attraction près du Kodokan avec une amie, pour ensuite me diriger au Kodokan pour 3h30, où j’avais rendez-vous avec Okada-senseï.
Normalement, le comptoir pour les dojos (pas d’erreurs, il y a au moins 5 dojos énormes au Kodokan) n’ouvre pas avant 4h, et l’entraînement libre ne commence pas avant 6h. Mais comme j’avais rendez-vous, je me suis pointé à l’heure prévu, question de rencontrer mon professeur. Il est arrivé un peu plus de 45 minutes en retards, ce qui n’est pas vraiment grave – à la vitesse qu’il marche, je ne pourrais pas lui en vouloir, et de toute façon, ça m’a permis de m’entraîner en solitaire et de faire des uchikomis avec l’une des personnes présentes. Ensuite, il me montre deux ou trois trucs plutôt intéressant, puis de nouveau il me donne quelques DVD de ses séminaires, en me disant de les regarder et de le rejoindre demain, à la même heure.
Je ne pourrais pas en demander plus. Mais la chance ne s’est pas arrêté là aujourd’hui.
Plus tards en soirée, entraînement en Daito ryu. Pour ceux qui ne sont pas familier avec l’école, les étrangers y sont généralement pas vu d’un très bon oeil, spécialement si ces derniers ne parlent pas le japonais. Étant donné que j’y allais avec la référence de Toma, l’un de mes professeurs au Canada que Kondo-senseï (le maître de Daito ryu) aime bien, on m’acceptais d’une façon mitigé. C’étais pas si mal, mais tout de même, c’étais pas la chaleur incarné.
Ce soir, premier cours après la Golden Week, que Kondo-senseï a d’ailleurs utilisé pour aller donner un stage en Italie. Et ce soir, excellente pratique – pour les techniques que j’ai pratiqué, j’en au moins un calepin de note à remplir. C’étais la première fois que je voyais Kondo-senseï démontrer des techniques en personne, et maintenant je comprends parfaitement pourquoi il est le grand maître en Daito ryu – sa technique est immensément profonde et recherchée. Bref, du matériel avec lequel travailler pour les mois à venir…
Fin d’entraînement, nettoyage de l’école, puis sortie. À la sortie, quelques séniors de l’école me demandent si je veux aller prendre un verre, sourire au visage. Je ne pouvais évidemment pas refuser… finalement, une bière s’est transformé en une bière, un shochu et quelques plats, avec une pincée de course dans la station de train pour faire une blague à un des gars. Bref, j’ai eu la chance de finalement jaser un peu avec mes “training buddies”, et dans le contexte de cette école, cela signifie beaucoup à mes yeux.
Durant la soirée, au resto, on s’amusait à essayer de deviner les âges les uns des autres (plus facile pour eux que pour moi disons), puis l’un d’eux a deviner mon âge de façon très exacte : 24-25 ans. Les autres ont compris ce que je voulais dire, puis m’ont dit qu’il fallait célébrer ça mercredi, après l’entraînement.
Mais il n’y a pas vraiment besoin pour des célébrations. De toute façon, on m’a déjà donné bien plus de cadeaux que ce que je ne pouvais espérer.
